TERRE BRÛLÉE
Une projection parlée de bazinvollaire
Texte de Christiane Vollaire, philosophe
Photographies de Philippe Bazin, photographe
En juin 2013, les évènements de la Place Taksim/Parc Gezi à Istanbul ont défrayé la chronique médiatique internationale pendant plusieurs semaines.
Au même moment, à Sofia en Bulgarie et dans tout le pays, des protestations semblables se sont déroulées pour mobiliser 1/7e de la population, soit plus d’1 million de personnes. Pendant tout l’été 2013, pendant plus de 50 jours, la place devant le palais présidentiel a été occupée jour et nuit par les protestataires.
En fait, le mouvement de protestation avait débuté dès février 2013, pour reprendre ensuite en juin et se poursuivre jusqu’en décembre.
Durant toute l’année 2013, une vague d’immolations a parcouru tout le pays, jusqu’au fond de ses campagnes les plus isolées.
Nous avons décidé en 2014, un an après les protestations, d’interroger les significations possibles de celles-ci à travers ces gestes d’immolation, si terribles, et nous rappelant d’autres gestes semblables, en Tchécoslovaquie, au Tibet, en Tunisie, etc... et bien sûr en France.
Nous avons ainsi parcouru toute la Bulgarie durant l’été 2014 afin de rencontrer les gens qui avaient tenté un tel geste ou bien leurs proches.
Si toutes ces immolations bulgares ne semblent pas d’origine politique ou militante, toutes interrogent les configurations politiques nationales et européennes, elles nous interrogent.
Le travail en collaboration avec les gens s’est construit dans une perspective documentaire critique, aussi bien en philosophie où le terrain a pris une importance déterminante, qu’en photographie.
Mais la projection interroge aussi les possibilités de nouvelles formes esthétiques de la relation texte/image dans un projet documentaire critique. Pour, comme y appelait Walter Benjamin, politiser l’esthétique, et non esthétiser la politique. Il s’agit donc d’une projection parlée en forme de recherche expérimentale.
La projection parlée se déroule sur environ 75 minutes mêlant lecture à deux voix (Christiane Vollaire et Philippe Bazin), et projection de photographies simultanément et/ou en alternance au texte. Dans ce projet artistique et citoyen, la projection parlée est l’une des trois formes que prend l’œuvre.
Une salle dans le noir. Un projecteur avec connexion HDMI, ou sinon WGA.
Une table, deux chaises, un éclairage de conférencier.
Aucune captation, aucun enregistrement vidéo et/ou audio n’est autorisé.
Terre brûlée est aussi un projet d’exposition et un projet d’édition texte/photographie.

Sans titre, Bulgarie été 2014