En février 2018, nous nous sommes rendu, Christiane Vollaire et moi, dans l'île de Lesbos devenue un camp de réfugiés à ciel ouvert. Le camp de Moria, financé par le gouvernement grec et la Communauté Européenne, existe dans des conditions sanitaires, policières et politiques désastreuses et honteuses. D'autres camps ont été montés, notamment par la municipalité de Mytilène. Mais l'un d'eux, Pikpa, a été créé par des activistes locaux selon des règles allant à l'encontre de celles édictées par les institutions : pas de barrières, pas de contrôle policier, co-gestion du camp avec les exilés. Pikpa est installé dans un bois, près de la mer, ses bâtiments montrant l'éclectisme des constructions, ce qui en fait, malgré les difficultés et l'hostilité des pouvoirs publics, un lieu d'utopie réalisée. Dix photographies montrent cette situation.